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         Aujourd'hui 25 mai, jour de la fête nationale argentine, j'ai fêté mon 15ème aller-retour à Ezeiza en un mois et demi. Ezeiza, aéroport international de Buenos Aires, n'a donc plus de secret pour moi. Je connais par coeur les heures d'arrivées des avions du matin en provenance d'Atlanta, Lima, Paris et Madrid.


        Je connais surtout ce cher vol Air France 418 qui livre ses 300 passagers comme des petits pains chauds, à 7h55 exactement, terminal A. Je l'attends de pied ferme, ce vol. En priant bien fort le dieu des avions pour qu'il ne soit pas en retard à notre rendez-vous quotidien.


Je vais chercher les artistes ou les techniciens français qui viennent avec Tandem: des danseurs, une soprano, deux pianistes, une commissaire d'expo, une fille de photographe, un funambule et un artiste plasticien par exemple, mais aussi pour le cirque de Buenos Aires qui accueille en ce moment la compagnie canadienne des 7 doigts de la main. 20 personnes à aller chercher pour cette compagnie, en 3 fois sans frais car ils n'ont pas tous pris le même vol (sinon c'est pas drôle). 


        L'avantage avec cet horaire, c'est que j'assiste à tous les levés de soleil. J'ai cependant découvert que si l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, les grosses valises sous les yeux aussi.


         A côté de ça, un aéroport est un délice à observer: une vraie fourmilière humaine où se jouent 1000 saynètes à la minute.  Vu que les passagers arrivent au compte-goutte, on a le temps de regarder le film: il y a ceux qui arrivent en poussant leur chariot l'air hagard, cherchant fébrilement du regard un visage connu ou leur nom sur un écriteau et qui tournent quelquefois une demi-heure avant de s'asseoir résignés sur leur valise; les familles argentines qui viennent chercher quelqu'un et qui hurlent de joie lorsqu'elles l'aperçoivent (tout l'aéroport est au courant que le cousin Lucas est revenu), les couples séparés qui se retrouvent et qui commenceraient bien les préliminaires là tout de suite, dans le hall; les touristes américaines qui n'ont pas regardé la météo et qui débarquent en tongs/short éponge alors qu'il fait 8°c, les poules de luxe qui profitent de prendre l'avion pour afficher un maximum de bagages Vuitton, les poules tout court qui sortent les jeans moulants strassés et les talons de 12, avec la doudoune rose fluo of course; et les japonais qui arrivent 2 par 2, en rang d'oignons et par pack de 12. 


        Aujourd'hui en bonus, j'ai assisté au débarquement du vol de Kuala Lumpur: j'ai vu une mamie habillée en cuir rouge et noir, avec corset à lacets et bottines façons SM (est-ce bien raisonnable?), des dizaines de rice-cookers ramenés par des familles entières, et j'ai eu le plaisir d'entendre un jeune homme passer en coup de vent, se racler la gorge façon tyrannosaure et cracher le tout dans la poubelle, à 10cm de moi. Charmant.