RCF1

 

 

          Samedi dernier à Buenos Aires, c'était la "Noche en vela", autrement dit une copie (presque) conforme de la maintenant célèbre Nuit Blanche parisienne, températures estivales en plus. 1ère édition, grand cru 2011, orchestrée à la fois par Buenos Aires ET Paris qui inaugurent ainsi leur collaboration sous l'étendart du programme Tandem. Le Tandem, c'est un accord d'échanges culturels entre les deux capitales durant leurs automnes respectifs (ah oui parce qu'ici on est en automne! On a rangé le ventilateur et sorti le foulard pour le soir).

       Grâce à cette Noche en vela, j'ai eu du boulot pendant une semaine: j'ai été "angel" d'artiste. Qui que quoi? Qu'on me dit dans l'oreillette. Oui oui, un ange que j'ai été. Bah, ça ne m'a pas trop dépaysée, je suis déjà pas mal angélique de nature (ceux qui ricanent seront privés de dessert), mais là j'étais exclusivement au service d'un artiste français appelé pour l'occasion à décorer un graaand mur sous un pont dans le quartier de Barracas, au sud de la ville.

       Une très bonne expérience, un peu de traduction et d'organisation, beaucoup de patience mais surtout le sentiment d'avoir été utile, en plus de la chance d'avoir rencontré RCF1, un artiste talentueux qui m'a ouvert quelques fenêtres sur le monde du graffiti et du street art.

      Nous avons donc passé une semaine sous un pont au dessus duquel passaient des trains, sous lequel passaient voitures et camions, et à côté duquel était campé un hôpital psychiatrique. Ah ça, il a pas été déçu du voyage, il y avait de l'ambiance!

Heureusement le soleil était à son poste, et nous avons eu la chance d'être couvés du regard par l'excellent Marino Santa Maria, un artiste plasticien qui a transformé toute une rue du quartier en portfolio de ses talents, en décorant toutes les façades de maison au pinceau et à la mosaïque.  Son atelier/galerie était notre QG et son accueil a fait honneur à l'hospitalité et à la verve argentine. 

      Le samedi soir fut un succès, le quartier résonnait des rires des loupiots qui assistaient à l'atelier peinture en plein air organisé par Marino, des notes de musiques d'un groupe assez "fanfare des balkans" installé dans la rue et aussi des petits compliments polis du ministre de la culture argentin et de monsieur l'ambassadeur français, venus prendre le pouls de la fameuse "oeuvre d'art urbaine" qu'ils avaient financé...

        La première édition fut une réussite, toutes les manifestations et évènements prévus (et il y avait de quoi faire!) ont reçu beaucoup de public, ce dont je me réjouis. RCF1 est reparti lundi soir, mais avant on s'est accordés sur une petite virée touristique dans San Telmo: visiter des galeries d'art, lézarder dans le marché aux antiquités, lambiner à une terrasse ensoleillée, glace au maté et à la bière pour moi, Fernet-coca pour l'artiste.

       Je crois que j'ai trouvé ma voie: quand je serai grande, je veux être un ange.

 

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 Il y avait deux murs l'un en face de l'autre, donc il y avait aussi un artiste argentin sous le pont. Là, il se faisait dragouiller par un travesti qui voulait absolument tagger son nom. Elle (il?) a d'ailleurs piqué un aérosol à RCF1 et le lendemain on a retrouvé un tag un peu plus haut dans la rue: "Agustina".