gran_libreria_Ateneo_Buenos_Aires


               Aujourd'hui, je suis un peu ronchon. Mais pourquoi donc? Oui, un soupçon de ronchonnerie est venu altérer mon sourire guilleret, je reconnais que ça n'arrive pas souvent. ahem.

 C'est juste que c'est la deuxième fois de la semaine (et on est mardi) que je sors promener mon appareil photo et qu'il me fait faux bond, avec aujourd'hui un but 3 en 1: touristique/culturel/shopping: la Libreria Ateneo. Rien de moins messieurs dame, la seconde librairie la plus jolie du monde si l'on en croit l'anglais The Guardian. Je n'ai pas vu les autres librairies du classement mais celle-là, mazette! Un petit bijou! C'est une librairie qui a déroulé ses étagères de livres dans un ancien théâtre, le Grand Splendid, et où l'on peut donc profiter de la coupole ouvragée, des balustrades, on peut s'installer dans un des fauteuils des poulaillers pour faire un brin de lecture...ou boire son espresso sur la scène, puisqu'on y a installé un café ( un peu chic le café, mais bon on est pas là pour lire Voici non plus).

             Bref, je me faisais une joie de mitrailler ce beau monde, objectif au poing mais...non. Monsieur me fait le coup de la panne pour la DEUXIEME fois donc, alors que je venais de me coltiner toute l'avenue Cordoba à pinces (ça fait une bonne heure de marche) (slaloms entre les taxis, vélos, bus, embouteillages, gamins, crottes de chien, re-taxi, l'heure de pointe des collégiens) et me sort son plus beau "l'accu/pile est déchargé" au moment où je franchis les portes vitrées de ce sanctuaire lecturo-théâtresque, toute ébaubie devant tant de calme et de volupté.

             Pour une fois que j'avais pensé à prendre l'appareil, à y mettre la carte mémoire ET la batterie que j'avais EN PLUS pensé à charger la veille, laissez-moi vous dire que ça m'a pas fait rigoler, et que le Nikon s'est pris une rouste en rentrant. A partir de dorénavant je surveille les devoirs, fini les vacances. J'ai l'oeil sur le bitonniau lumineux pendant que ça charge.

  Enfin, maintenant que j'y suis, je suis quand même restée l'après-midi le nez dans les bouquins (même si l'offre est assez limitée, et que la qualité des ouvrages est souvent...moyenne). Je mets quand même une photo, mais du coup elle n'est pas de moi.

  En aparté (je profite de la minute ronchon), je tiens à faire un petit constat: il me semblait que je ne pouvais pas trouver pire que les trottoirs de Bogota, mais en fait si! Buenos Aires tient le haut du pavé ( si j'ose dire) dans mon palmarès: Plus de pavés défoncés qu'à Bogota, et plus de crottes de chien qu'à Paris, exceptionnel! Avec cette petite touche en plus: le concept de la dalle flottante, que j'explique pour les novices: je ne sais pas si Buenos Aires a connu un tremblement de terre récemment, ou s'il n'existe pas de formation pour les ouvriers en travaux publics, toujours est-il que je vous met au défi de trouver plus de trois dalles parfaitement alignées sur un trottoir de la ville. Elles sont absolument TOUTES à des niveaux variables et variés, ce qui entraîne irrémédiablement:

  • a) une collision fréquente du gros orteil avec une dalle plus élevée (ça fait très mal)  
  • b) une torsion de la cheville, voire une chute à cause de la dalle qui est 10cm plus bas que la précédente, mais qu'on a pas vu car on louchait sur les sandales en cuir rouge dans la vitrine (et là, il faut savoir rester digne et ne pas ciller).

     

   Selon ce principe, la dalle flottante est donc une dalle descellée, branlante, sous laquelle stagne de l'eau de pluie (ou du pipi de chien, mais je préfère ne pas savoir), et qui cache bien son jeu la garce puisque, quand on marche dessus, FLOUP! On est tout mouillé de la jambe! Sympa non? Il y en a à peu près tous les 10 mètres...eh oui, un vrai jeu de démineur en 3D! (note à moi même, éviter les pantalons blancs. Sachant que j'ai emporté 1 jean et 1 pantalon blanc, yihaa!)