pudeur

 

      J'ai aussi eu le temps d'aller me faire couper les cheveux . J'en profite pour donner une petite astuce à celles qui passeront par Buenos Aires.

Il y a une technique infaillible pour savoir si c'est le bon moment pour aller se faire couper les cheveux. Ou si le jean que vous portez ne vous va pas. Ou s'il faut changer d'anticerne (ou s'il est temps de passer sur le billard carrément, ne nous voilons pas la face).  La technique, c'est donc passer devant 2 voire 3 chantiers pleins d'ouvriers. En temps normal, si tu n'es pas trop vilaine, ça fuse: muñeca, princesa, bombón, des "Ay mi amor que linda que sos" et des "uuyy me mataste!", du pur concentré de testostérone avec un casque sur la tête. Entre le boulet style marocain et le beau-parleur creux style italien. Pile entre les deux.

Jusque là tout va bien, au début ça impressionne un peu, on a juste envie de fusionner avec le mur, mais après on ricane bêtement selon le niveau et l'intensité de ce qu'on te dit. En espagnol c'est tellement courant que ça a un nom, le "piropo", c'est cette petite phrase du genre "Ay! rends moi mon coeur quand tu auras fini de jouer avec!" (il y en a qui donnent dans le trivial, mais la pudeur m'interdit de... blablabla). 

Là où ça tourne vinaigre, c'est le jour où tu passe devant une demi-douzaine de chantiers et...bah et rien. Pas un "wooow" "youuuu" "heeey". RIEN. Alors là mes enfants, c'est que ça va sacrément pas bien et qu'il faut réagir im-mé-dia-te-ment. C'est comme ça que j'ai compris que se couper la frange toute seule n'était pas l'idée du siècle et que j'ai poussé la porte du premier coiffeur que j'ai trouvé sur le chemin.

Ca va nettement mieux!

 

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